Le mardi 19 mai 2026, les joueurs d’Arsenal n’étaient même pas sur le terrain quand ils sont devenus champions d’Angleterre. La veille, ils avaient battu Burnley 1-0 à l’Emirates. Ce soir-là, à Bournemouth, Manchester City devait gagner pour repousser la décision à la dernière journée : le match s’est terminé sur un nul 1-1, et Arsenal, avec quatre points d’avance et un seul match à jouer, ne pouvait plus être rejoint. Vingt-deux ans après les Invincibles d’Arsène Wenger, le club du nord de Londres retrouvait le titre. Voici comment la saison s’est construite, ce que disent les chiffres et ce qu’elle représente pour un supporter français. Tous les faits ci-dessous viennent du club, de la Premier League ou de la presse citée en tête de page.
Le soir du sacre : un titre gagné devant la télévision
La 37e journée s’est jouée sur deux soirs. Le lundi 18 mai, Arsenal fait sa part en battant Burnley 1-0, sur un but de Kai Havertz. Le lendemain, le 19 mai, Manchester City se déplace au Vitality Stadium de Bournemouth avec une obligation : gagner. Bournemouth ouvre le score en première période, City égalise dans le temps additionnel, mais ne trouve pas le but de la victoire. Le site officiel de la Premier League tranche le soir même : City, à quatre points, ne peut plus rattraper Arsenal.
C’est le 14e titre de champion d’Angleterre du club, le quatrième de l’ère Premier League (après 1998, 2002 et 2004), et le premier depuis la saison 2003-2004. Seuls Manchester United et Liverpool comptent davantage de titres de champion. Le club, lui, parle de son 32e trophée majeur.
Pour la remise du trophée, il a fallu attendre la dernière journée, le dimanche 24 mai : victoire 2-1 à Selhurst Park, chez Crystal Palace, et trophée soulevé sur place par le capitaine Martin Ødegaard. Arsenal termine avec 85 points, sept de plus que Manchester City, deuxième.
Avant le titre : trois saisons de deuxième place
Le sacre n’est pas tombé du ciel. Arsenal avait terminé deuxième lors des trois saisons précédentes, dont 2023-2024, perdue de deux points face à Manchester City. Pour un supporter, ces années ont pesé : chaque printemps, l’équipe était en course, chaque printemps elle finissait derrière. Le titre 2025-2026 se lit d’abord comme la fin de cette série.
L’été 2025 a été celui d’un gros recrutement. Selon la page Wikipédia de la saison, huit joueurs arrivent : le gardien Kepa Arrizabalaga (Chelsea), les milieux Martín Zubimendi (Real Sociedad) et Christian Nørgaard (Brentford), l’ailier Noni Madueke (Chelsea), les défenseurs Cristhian Mosquera (Valence) et Piero Hincapié (prêté par le Bayer Leverkusen avec option d’achat), l’attaquant Viktor Gyökeres (Sporting) et le milieu offensif Eberechi Eze (Crystal Palace). Gyökeres finira meilleur buteur du club, et Zubimendi titulaire lors de chaque match de championnat de sa première saison anglaise.
La saison en cinq moments
Août : un 1-0 à Old Trafford pour commencer
Arsenal entame sa 100e saison consécutive dans l’élite anglaise, un record qu’aucun autre club ne détient, par une victoire 1-0 sur le terrain de Manchester United. L’équipe gagne neuf de ses dix premiers matchs et prend la première place pour la première fois début octobre. En octobre, le club signe aussi sa 700e victoire en championnat, seul Manchester United l’ayant fait avant lui.
L’hiver : premier à Noël, et cette fois jusqu’au bout
Arsenal passe Noël en tête du championnat. Le club rappelle que c’était la cinquième fois en Premier League, et que les quatre précédentes n’avaient pas débouché sur le titre. La dernière fois qu’Arsenal avait été champion après avoir mené à Noël, c’était en 1947-1948. Au total, l’équipe reste en tête pendant 200 jours.
Les derbies : Tottenham battu deux fois
Pour les supporters, la saison a aussi le goût des derbies du nord de Londres. Arsenal bat Tottenham à l’aller et au retour, pour la deuxième saison de suite, ce qui ne lui était plus arrivé depuis la fin des années 1980. La victoire 4-1 chez les Spurs est la plus large à l’extérieur dans un derby depuis décembre 1978. Eberechi Eze, qui y signe un triplé, marque au moins quatre buts dans les derbies de la saison : seul Ted Drake l’avait fait avant lui, en 1934-1935.
Mars : la finale perdue de la Carabao Cup
Tout n’a pas été rose. Le 22 mars 2026, Arsenal perd la finale de la Carabao Cup 2-0 contre Manchester City à Wembley. Début avril, l’équipe est éliminée en quart de finale de la FA Cup par Southampton. Pour beaucoup de supporters, ces deux soirs ont ravivé la peur d’une nouvelle fin de saison ratée.
Avril-mai : dépassé, puis quatre victoires sans encaisser
Le moment le plus tendu arrive en avril. Battu 2-1 à l’Etihad, Arsenal est dépassé par Manchester City à la différence de buts marqués. La réponse vient tout de suite : quatre victoires de suite sans prendre de but, contre Newcastle (1-0), Fulham (3-0), à West Ham (1-0) puis contre Burnley (1-0). Arsenal reprend la tête et ne la lâche plus. Le lendemain du match contre Burnley, le nul de City à Bournemouth fait le reste.
Les chiffres du titre
| Indicateur | Chiffre | À retenir |
|---|---|---|
| Points | 85 | 7 de plus que Manchester City |
| Bilan après 37 journées | 25 victoires, 7 nuls, 5 défaites | Victoire 2-1 à Crystal Palace lors de la 38e |
| Clean sheets de David Raya | 19 | Record du club en Premier League égalé (David Seaman) |
| Buts sur coups de pied arrêtés | 25 (hors penalties) | Meilleur total du championnat, dont 19 sur corner, un record sur une saison |
| Tirs cadrés concédés | 90 | Le plus faible total de la Premier League |
| Buts encaissés par match | 0,7 | Meilleure moyenne des cinq grands championnats européens |
| Cartons rouges et penalties concédés | 0 et 0 | Une première sur une même saison de Premier League |
Le tableau raconte une équipe bâtie sur la défense. Raya remporte le Gant d’or (le trophée du gardien aux plus nombreux clean sheets) pour la troisième saison de suite, et la charnière Gabriel-William Saliba est la base de la meilleure défense du championnat. Ses 19 clean sheets sont le meilleur total du club depuis 1998-1999. En attaque, le titre se gagne à plusieurs : Gyökeres termine meilleur buteur, mais Bukayo Saka, Eze, Leandro Trossard, Zubimendi, Declan Rice et Mikel Merino marquent eux aussi régulièrement, et les remplaçants totalisent 23 buts et passes décisives, plus qu’aucune autre équipe.
Un nom restera aussi : Max Dowman. En mars, il devient le plus jeune buteur de l’histoire de la Premier League, à 16 ans et 73 jours, contre Everton. Titulaire le dernier jour à Crystal Palace, à 16 ans et 144 jours, il devient le plus jeune champion de l’histoire du championnat, devant Phil Foden.
Mikel Arteta, l’ancien joueur devenu entraîneur champion
Ancien milieu et capitaine d’Arsenal, Mikel Arteta est devenu l’entraîneur du club en décembre 2019. Le titre fait de lui le premier entraîneur d’Arsenal champion depuis Arsène Wenger, et, selon la Premier League, le premier entraîneur à remporter le championnat avec un club pour lequel il a lui-même joué en Premier League. À 44 ans, il est le deuxième plus jeune entraîneur champion de l’histoire du championnat, derrière José Mourinho, et il a été élu entraîneur de la saison.
Le lien avec Wenger n’est pas qu’une statistique. Pour les supporters français, Arsenal reste le club d’Arsène : celui des doublés de 1998 et 2002, et de la saison sans défaite que nous racontons dans notre récit des Invincibles 2003-2004. Que le titre suivant arrive sous un entraîneur que Wenger avait fait venir comme joueur, en 2011, referme une boucle. Le parcours de l’Alsacien est retracé dans notre portrait d’Arsène Wenger.
Les Français du titre
Il y a eu des saisons où la moitié du vestiaire parlait français. Celle-ci n’en fait pas partie : dans l’effectif champion, un seul joueur est français, William Saliba. Mais il compte. Associé à Gabriel en défense centrale, il est l’un des piliers de la défense la plus solide d’Europe cette saison, et la statistique du club retient qu’il a gagné ses quatre premiers déplacements en championnat à Tottenham. Son contrat a été prolongé jusqu’en 2030.
Le deuxième Français du titre ne joue pas : Nicolas Jover, l’entraîneur des coups de pied arrêtés, arrivé de Manchester City à l’été 2021. Les 25 buts sur phases arrêtées de la saison, dont un record de 19 sur corner, portent sa marque, au point que la presse anglaise a révélé que son contrat prévoyait une prime pour chaque but de ce type. Pour mesurer la place des Français dans l’histoire du club, de Patrick Vieira, dernier capitaine à avoir soulevé le trophée avant Ødegaard, à Saliba, voyez notre dossier sur les joueurs français d’Arsenal.
Budapest, puis le défilé : une fin de saison douce-amère
Le titre en poche, Arsenal avait rendez-vous avec un club français. Le samedi 30 mai 2026, à la Puskás Aréna de Budapest, il dispute la deuxième finale de Ligue des champions de son histoire, face au Paris Saint-Germain, tenant du titre. Kai Havertz ouvre le score dès la 6e minute, Ousmane Dembélé égalise sur penalty en seconde période, et le PSG s’impose aux tirs au but (1-1, 4-3 aux tirs au but). Pour les supporters d’Arsenal installés en France, la soirée a eu une saveur particulière. L’histoire européenne du club est racontée dans notre article sur Arsenal en Ligue des champions.
Le lendemain, dimanche 31 mai, le club organise son défilé de champion. Quatre bus à impériale découverts partent de l’Emirates et font une boucle d’environ huit kilomètres dans le quartier d’Islington, par Holloway Road et Upper Street, avant de revenir au stade. L’Islington Tribune évoque plus d’un million de personnes le long du parcours ; c’est une estimation de presse, pas un comptage officiel.
Ce que le titre change pour les supporters
Concrètement, le champion en titre attire encore plus de monde à l’Emirates, et les billets restent réservés aux membres : avant de prévoir un voyage, lisez comment fonctionne la billetterie officielle. Le trophée de la Premier League est aussi annoncé sur la visite du stade, sous réserve de sa disponibilité. Et pour replacer ce 14e titre dans la liste des trophées du club, de 1931 à aujourd’hui, consultez le palmarès complet d’Arsenal.
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- Visiter l'Emirates StadiumFormules, durée et horaires de la visite officielle du stade.Préparer la visite
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