Histoire

Arsène Wenger à Arsenal (1996-2018) : 22 ans qui ont changé le club

Arsène Wenger est resté 22 ans à la tête d’Arsenal, du 1er octobre 1996 au 13 mai 2018. Aucun entraîneur n’a dirigé le club aussi longtemps : il a dépassé en octobre 2009 le record de treize ans de George Allison. Pour les supporters français, il est bien plus qu’un entraîneur victorieux : c’est l’Alsacien qui a fait d’Arsenal le club le plus français d’Angleterre. Voici son arrivée, ses méthodes, ses titres, les Invincibles, son départ et ce qu’il laisse.

22 ans

Du 1er octobre 1996 au 13 mai 2018, soit 1 235 matchs officiels sur le banc d’Arsenal.

3 titres de champion

1998, 2002 et 2004, dont la saison sans défaite des Invincibles.

7 FA Cup

Un record pour un entraîneur dans la compétition, de 1998 à 2017.

Avant Arsenal : Nancy, Monaco, Nagoya

Né le 22 octobre 1949 à Strasbourg, Arsène Wenger joue au milieu de terrain dans des clubs alsaciens, dont Mulhouse et le RC Strasbourg. Il commence sa carrière d’entraîneur principal à Nancy (1984-1987), puis prend en main l’AS Monaco en 1987. Avec le club de la Principauté, il remporte le championnat de France 1987-1988 et la Coupe de France 1991, et dispute la finale de la Coupe des vainqueurs de coupe en 1992. C’est aussi à Monaco qu’il lance un jeune attaquant, Thierry Henry, qui fait ses débuts professionnels le 31 août 1994 face à Nice.

Il quitte Monaco en 1994 et part au Japon, au Nagoya Grampus Eight, où il gagne la Coupe de l’Empereur et la Supercoupe du Japon et reçoit le titre d’entraîneur de l’année de la J. League pour 1995. C’est là qu’Arsenal vient le chercher : le club japonais accepte de le libérer avant la fin de son contrat.

1996 : un inconnu à Highbury

Arsenal présente son nouvel entraîneur le 22 septembre 1996 ; Wenger prend officiellement ses fonctions le 1er octobre. Il devient le premier Français à diriger un club de Premier League. Son premier match officiel, le 12 octobre 1996, se solde par une victoire 2-0 à Blackburn.

Des méthodes venues d’ailleurs

Wenger bouscule tout de suite les habitudes d’un vestiaire où l’on boit beaucoup. Il engage une diététicienne, interdit le grignotage avant les matchs, impose les pâtes comme repas d’avant-match et préfère le poulet bouilli à la viande rouge. Il propose des compléments, vitamines et créatine, pour mieux récupérer, et organise des stages en altitude, à Val Thorens. Il limite la consommation d’alcool des joueurs et leur demande de prendre eux-mêmes leurs décisions sur le terrain plutôt que d’exécuter des consignes. Ces pratiques, presque banales aujourd’hui, sont alors une petite révolution en Angleterre. Son surnom : « Le Professeur ».

Les titres : deux doublés et les Invincibles

Le premier sacre arrive dès sa première saison complète. En 1997-1998, Arsenal réussit le doublé championnat-FA Cup, et Wenger devient le premier entraîneur étranger à réaliser ce doublé en Angleterre. Il recommence en 2001-2002. Entre-temps, il s’appuie sur une colonie française qui marquera l’histoire du club : Patrick Vieira, Emmanuel Petit, Nicolas Anelka, puis Thierry Henry et Robert Pirès. Leur parcours est raconté dans notre article sur les joueurs français d’Arsenal.

Le sommet, c’est 2003-2004 : 38 matchs de championnat sans une seule défaite, 26 victoires et 12 nuls. Les Invincibles prolongent leur série jusqu’à 49 matchs, avant de tomber 2-0 à Old Trafford le 24 octobre 2004. Toute l’histoire de cette saison est dans notre récit des Invincibles 2003-2004.

CompétitionTitres avec WengerAnnées
Championnat (Premier League)31998, 2002, 2004
FA Cup71998, 2002, 2003, 2005, 2014, 2015, 2017
Community Shield71998, 1999, 2002, 2004, 2014, 2015, 2017
Trophées d’Arsenal sous Arsène Wenger, d’après Wikipédia et la liste des trophées publiée par le club. Années de la finale ou de fin de saison.

Il manque une ligne à ce tableau : une coupe d’Europe. Wenger perd la finale de la Coupe UEFA 2000 contre Galatasaray aux tirs au but, puis celle de la Ligue des champions 2006 contre Barcelone, au Stade de France. Avec la finale de 1992 perdue avec Monaco, il est le seul entraîneur à avoir perdu une finale dans chacune des trois grandes coupes d’Europe de l’UEFA. Le récit de la soirée de Saint-Denis se trouve dans notre article sur Arsenal en Ligue des champions.

Le flair pour les joueurs

Wenger a souvent fait d’un joueur prometteur une star en changeant son rôle. L’exemple le plus célèbre est celui de Thierry Henry : utilisé sur l’aile ou au milieu à la Juventus, il est replacé avant-centre à son arrivée en 1999 et devient le meilleur buteur de l’histoire du club, avec 228 buts. Patrick Vieira, arrivé à 20 ans à l’été 1996, devient capitaine de l’équipe en 2002. Le parcours d’Henry est raconté en détail dans notre article sur Thierry Henry à Arsenal.

Les finales perdues

Le palmarès de Wenger ne dit pas tout de ses 22 saisons : ses équipes ont aussi perdu des finales qui comptent dans la mémoire des supporters. Voici celles d’Arsenal sous sa direction, en dehors du Community Shield :

  • 2000, Coupe UEFA : 0-0 contre Galatasaray à Copenhague, défaite aux tirs au but.
  • 2001, FA Cup : défaite contre Liverpool.
  • 2006, Ligue des champions : 1-2 contre Barcelone au Stade de France, à dix contre onze pendant plus de 70 minutes.
  • 2007, coupe de la Ligue : 1-2 contre Chelsea, en février.
  • 2011, coupe de la Ligue : défaite contre Birmingham City, sur un malentendu entre le gardien et un défenseur en fin de match.
  • 2018, coupe de la Ligue : dernière finale de son mandat, perdue elle aussi.

2006-2014 : l’Emirates et les années sans trophée

À l’été 2006, Arsenal quitte Highbury pour l’Emirates Stadium. Le nouveau stade est un pari sur l’avenir, mais ses contraintes financières pèsent sur l’équipe. Arsenal reste dans les quatre premiers et se qualifie chaque année pour la Ligue des champions, mais il ne gagne plus de trophée pendant neuf ans.

Arsène Wenger debout au bord du terrain de l'Emirates Stadium pendant Arsenal-Marseille, le 26 novembre 2013
Photo : Ronnie Macdonald, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

La délivrance arrive en mai 2014, avec la FA Cup gagnée contre Hull City. Suivent deux autres FA Cup, en 2015 et en 2017, la dernière contre Chelsea (2-1) le 27 mai 2017 à Wembley, sur des buts d’Alexis Sánchez et Aaron Ramsey. Wenger devient ainsi l’entraîneur le plus titré de l’histoire de la FA Cup, avec sept victoires.

2018 : le départ

La saison 2016-2017 se termine à la cinquième place, et pour la première fois sous Wenger Arsenal manque la Ligue des champions. Le 20 avril 2018, il annonce qu’il quittera le club à la fin de la saison. « C’est le bon moment pour moi de partir à la fin de la saison », déclare-t-il, en assurant avoir dirigé le club « avec un engagement total et en toute intégrité ». Il était alors l’entraîneur en poste depuis le plus longtemps en Premier League, avec 828 matchs dans la compétition.

Son dernier match à l’Emirates, le 6 mai 2018, est une fête : victoire 5-0 contre Burnley. Le tout dernier a lieu le 13 mai 2018 à Huddersfield, gagné 1-0. Le bilan final, sur 22 saisons, est vertigineux.

MatchsVictoiresNulsDéfaitesPourcentage de victoires
1 23570728024857,2 %
Bilan d’Arsène Wenger à Arsenal, toutes compétitions, du 1er octobre 1996 au 13 mai 2018, d’après Wikipédia.

Combien de temps Wenger est-il resté à Arsenal ?

La réponse précise : 21 ans et sept mois, du 1er octobre 1996 au 13 mai 2018, sur 22 saisons (de 1996-1997 à 2017-2018). C’est pourquoi on lit tantôt « 21 ans », tantôt « 22 ans » : la Premier League parlait de 21 ans au moment de l’annonce de son départ, alors qu’il a bien dirigé l’équipe sur 22 saisons.

L’après-Arsenal et l’héritage

Wenger ne reprend pas de club. Le 13 novembre 2019, il est nommé à la FIFA responsable du développement du football mondial. Il publie son autobiographie en octobre 2020, traduite en anglais sous le titre My Life in Red and White. Il reste plusieurs années à l’écart de l’Emirates, avant d’y revenir pour la première fois le 26 décembre 2022, lors d’une victoire 3-1 contre West Ham ; le stade l’accueille par un chant à son nom.

Les hommages suivent. La France l’a fait chevalier de la Légion d’honneur en 2002, puis officier en 2019 ; le Royaume-Uni l’a nommé officier honoraire de l’ordre de l’Empire britannique (OBE) en 2003. En 2023, il entre au Hall of Fame de la Premier League, et Arsenal installe en juillet 2023 sa statue de bronze de 3,5 mètres devant la tribune North Bank : Wenger y tient le trophée de champion remporté sans défaite. Vous pouvez la voir lors de la visite de l’Emirates Stadium, tout comme celle de Thierry Henry, installée en 2011.

Son héritage le plus visible est peut-être sur le banc actuel. Mikel Arteta, qui a porté le brassard sous ses ordres, entraîne Arsenal depuis décembre 2019 et a ramené le titre de champion en 2025-2026, vingt-deux ans après le dernier sacre de Wenger. Le récit de cette saison est dans notre article sur le titre 2025-2026.

Le regard d’un supporter français

Pour beaucoup de Français, l’attachement à Arsenal commence avec Wenger. Avec lui, Arsenal est devenu le club des champions du monde 1998 Vieira et Petit, puis celui d’Henry, de Pirès et de tant d’autres. Il a ouvert la porte d’Arsenal à des générations de joueurs français, et c’est en partie grâce à lui qu’un site comme celui-ci existe en français. Si vous voulez marcher sur ses traces, la statue de l’Emirates, le musée du club et le quartier de l’ancien stade de Highbury, où il a gagné ses trois titres, se visitent en une journée depuis Paris.

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arsenalfrance.com est un site de supporters francophones non officiel, sans lien avec Arsenal Football Club. Dates, chiffres et trophées relevés le 20 octobre 2026 sur les sources citées en tête d’article.

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